17ème Université d’été Carl Rogers

Les jardins Intérieurs – Chemin du Buis – 07300 St Privat

Les intervenants

Catherine Bensaïd

Après une maîtrise de psychologie, des études et une pratique  de l’acupuncture, elle a fait  des études de médecine puis de psychiatrie.

Elle a  choisi de se consacrer à l’écoute, en face à face, dans le cadre de thérapies analytiques.

En parallèle de ses études, elle a  toujours pratiqué des exercices d’éveil du corps (méditation, danse, yoga, aïkido, danses chamaniques…chant) et une approche spirituelle.

Elle est auteur de plusieurs livres aux éditions Pocket dont : « Qui aime quand je t’aime ». « Aime toi la vie t’aimera».  « Histoires d’amour, histoire d’aimer ». Ces livres, témoignent de son questionnement et de son expérience de vie, sur le plan professionnel et personnel. Des livres dont elle souhaite qu’ils soient des accompagnements thérapeutiques.

Marie Noëlle et Jean Besançon

Marie- Noëlle Besançon est Médecin Psychiatre
– Exercice libéral durant 20 ans, de 1987 à fin 2004, à Besançon.
Fondatrice et présidente depuis 1990 de l’association Les Invités au Festin (IAF)
Publications :
– Trois ouvrages sur la psychiatrie citoyenne : On dit qu’ils sont fous et je vis avec eux, 2006 ; 4ème édition revue et augmentée en 2015 ; Arrêtons de marcher sur la tête ! Pour une psychiatrie citoyenne, 2009 ; Les soins en psychiatrie, une affaire citoyenne, 2011 ; ces 2 derniers avec Bernard Jolivet ; tous aux Editions de l’Atelier, Paris.
– Articles dans différentes revues et magazines et TV ; « Dossier sur la psychiatrie » pour la Conférence des évêques de France en 2016;
– Nombreuses conférences et interventions dans les colloques, congrès, organismes de formation ;
– Productrice d’émissions mensuelles puis trimestrielles de radio (RCF) sur la « citoyenneté et la santé mentale », depuis 2015.

Jean Besançon :
– Entrepreneur social, venant du monde de l’entreprise.
– Président d’IAF réseau, en charge de stratégie et du développement aux IAF.
Ils ont vécu sur place avec les résidants d’avril 1999 à septembre 2009, et Marie-Noëlle assure toujours le « vivre avec » une fin de semaine par mois

Voir le site des IAF : www.lesinvitesaufestin.fr et d’IAF réseau : www.iaf-reseau.com ; avec nombreux films et reportages sur les IAF.

René Daval

René DAVAL est professeur de philosophie à l’Université de Reims depuis 1995. Il a été assistant de psychologie à l’UFR Lettres et sciences humaines de la même Université de 1973 à 1993 et a enseigné notamment les thérapies analytiques et non analytiques. Docteur de troisième cycle en histoire de la philosophie (1977), il a obtenu le doctorat d’Etat en histoire de la philosophie en 1986. Sa thèse portait sur La philosophie de la religion chez David Hume. Il a participé à de nombreux colloques dans diverses Universités et a écrit plusieurs livres, notamment : G.E.Moore et la philosophie analytique (P.U.F., 1997), Austin, (Ellipses, 2000), La philosophie de Samuel Alexander, (Hermann, 2015) et récemment un livre non publié encore « Kierkegaard et la théorie des stades de l’existence ». Il a écrit aussi un article, paru dans le numéro 8 de la revue ACP Pratique et Recherche « les fondements philosophiques de la pensée de Carl Rogers ».

Les conférences

Je suis heureuse de partager mes nombreuses années d’expériences dans ma pratique de thérapeute.  Je vais parler de l’écoute et plus précisément de l’amour tel qu’il peut se vivre au sein d’une relation thérapeutique.

Y a t-il de l’amour dans toute forme d’écoute? Dans certaines façons d’écouter? Et de quel amour s’agit-il?

Si je reviens sur l’échelle de l’amour, telle que je l’ai décrite avec Jean-Yves Leloup, et qui reprend la terminologie grecque (porneia, pathos, éros filia, storge, agape), et évolue de la demande au don, de la soif à la source, de la consommation à la communion, Il va de soi que l’amour du thérapeute est plus proche de l’amour inconditionnel que de l’amour possessif.

Mais comment ressentir cet amour qui n’attend rien, ne veut rien, ne critique ni ne juge, mais qui n’en est pas moins présent, dans une grande liberté de parole et un don de soi?

À partir d’exemples, je souhaite que nous puissions en parler ensemble.

« Pour une psychiatrie humaniste et  citoyenne : L’aventure des Invités au Festin »

« Les Invités au Festin » (IAF), sont une expérience innovante de psychiatrie citoyenne menée depuis 27 ans, par le Dr. Marie Noëlle Besançon, et son mari, Jean, entrepreneur social. Ils ont créé des lieux d’accueil et de vie citoyens basés sur une vie communautaire, visant à la réhabilitation psychosociale de personnes souffrant de troubles psychiques. C’est une utopie : « Il s’agit de créer un lieu où des personnes ayant des difficultés de relations vivent avec des personnes intégrées dans la société. » Les IAF ont pour cela élaboré un concept IAF de psychiatrie citoyenne, non enfermant ni stigmatisant, reprenant les principes fondateurs de la démocratie : -La fraternité : vivre avec et non fossé entre exclus et inclus ; -La liberté : ouverture et non enfermement ; – L’égalité : responsabilisation et non assistanat ; – La solidarité : économie sociale et solidaire et non économie du tout marchand ; les IAF sont reconnus comme entreprise solidaire.
Cette approche globale permet de travailler sur les trois niveaux du lien social et de répondre aux besoins fondamentaux des personnes : aimer et être aimé, être reconnu pur qui on est, appartenir à un groupe, être utile aux autres.
Cette expérience ayant prouvé son efficacité, elle se déploie sur le territoire français et à l’étranger. Elle a reçu plusieurs reconnaissances nationales et internationales, dans les domaines médical, social, sociétal et l’économie sociale.
Après avoir présenté un film documentaire de 20 mn sur le travail réalisé aux IAF, nous expliquerons davantage la philosophie, les principes, le concept, le fonctionnement, les résultats, les réalisations et le développement des IAF.

– Réalisations : A Besançon et région :
– 2 lieux de vie (statut de maison relais),
– un Groupe d’entraide mutuelle (GEM),
– un Service d‘accompagnement médicosocial pour adultes ayant un handicap dû à la maladie psychique (SAMSAH).
– Un réseau de développement, IAF réseau pour essaimer le concept de psychiatrie citoyenne des IAF (plus de 30 projets réalisés et une quinzaine en voie de réalisation sur le territoire français, en Belgique et au Rwanda. )
– Les IAF sont co-fondateurs du Mouvement international citoyenneté santé mentale (MICSM), fondé au Québec en 2012, et de l’association régionale de psychiatrie citoyenne de Bourgogne-Franche-Comté, ARPC (2012).
– Ils sont à l’origine également du Mouvement international citoyenneté santé mentale (MICSM), fondé au Québec en 2012, et de l’Association régionale de psychiatrie citoyenne (ARPC, 2012).
– Ils sont lauréats, entre -autres, en 2006, d’Ashoka, organisation internationale qui soutient les entrepreneurs sociaux innovants dans le monde. Et en 2015, du label présidentiel « La France s’engage » pour l’essaimage de leur concept de psychiatrie citoyenne. (Voir la totalité des prix sur notre site)

La place de l’amour dans la psychothérapie Rogérienne.

On sait que Freud recommandait aux psychanalystes de ne pas succomber à l’amour de transfert et de garder vis-à-vis des patients l’attitude de neutralité affective qui, selon lui, permet, seule, au traitement de pouvoir se poursuivre. L’analyste doit garder ses distances vis-vis du patient, sans quoi il risque de perdre son autorité qui est une condition essentielle de la guérison de celui-ci.
Jung, au contraire, estime pour sa part que cette neutralité affective du thérapeute n’est pas possible à tenir et que le traitement ne peut aboutir positivement que si le thérapeute aime son patient même si cet amour doit rester purement platonique et ne se manifester que dans le cadre de la cure.
L’attitude de Rogers est plus proche de celle de Jung que de Freud. On sait qu’il recommande une attitude positive d’acceptation inconditionnelle du patient, ce qui ne veut pas dire qu’il faut accepter tout de celui-ci, mais qu’il faut voir ses possibilités d’amélioration, tout en restant fidèle à ses propres valeurs à soi. Je n’insisterai pas sur ces remarques qui sont à la fois justes et bien connues, mais je voudrai souligner leurs origines philosophiques. On sait, en effet, que des philosophes, théoriciens de la personne, comme Martin Buber et Soren Kierkegaard ont joué un rôle majeur dans sa conception de ce qu’est la personne humaine, et de ce que devraient être les relations entre les personnes. Pour Rogers, les seules connaissances utiles pour la personne sont celles qui modifient son comportement, et il est nécessaire que celle-ci les découvre elle-même et les fasse siennes. Dans Le développement de la personne, on peut lire sous la plume de Rogers : «  je crois que la meilleure façon d’exposer ce but de la vie, tel que je le vois dans mes rapports avec mes clients, est d’employer les mots de Soeren Kierkegaaard : être vraiment soi-même. » (‘Le développement de la personne, trad. E.L. Herbert,. Dunod, Paris, p. 124). Dans le Post-Scriptum aux Miettes philosophiques d’où cette expression est issue, Kierkegaard souligne qu’il n’y a pas de système de l’existence et qu’on ne saurait penser l’individu en en faisant un élément d’un système comme le voulaient Hegel et ses disciples. L’existence se vit dans le secret, dans l’ironie, l’humour, le désespoir, la culpabilité, et l’espérance et pour certains, pour le philosophe danois, dans l’expérience de la foi. L’existence véritable, pour Kierkegaard, s’éprouve dans le choix. Etre une personne, c’est vivre dans « l’isolement de la subjectivité. » (trad. P.H.Tisseau et E.M. JacquetTisseau, paris, éditions de l’Orante, 1977).
Rogers ne cherche pas à établir un diagnostic, ni à donner des directives à ses patients. Ceux-ci avec son aide s’éloignent progressivement de ce qu’ils ne sont pas. Rogers pense avec Kierkegaard qu’être soi-même, c’est devenir soi-même ; Cette transformation implique de la part du thérapeute l’attitude d’acceptation inconditionnelle du client que Rogers préconise toujours. Pour Buber, d’autre part, quand on dit à l’autre : Tu , il n’est plus pour nous une chose parmi les choses, il n’est pas un Il ou Elle, limité par d’autres Ils ou Elles, il n’est plus un simple assemblage de Qualités ; Le Tu vient à ma rencontre. C’est moi qui entre en relation immédiate avec lui. C’est une relation qui met en jeu l’être total. La relation se joue dans la réciprocité : je m’accomplis au contact du Tu, je deviens Je en disant Tu. La relation entre le Je et le Tu ne passe par la médiation d’aucun concept, ni d’aucune image. Il s’agit, pour Buber, d’une relation entre deux présences vivantes. Rogers, pour sa part, craignait que le développement des sciences du comportement ne puisse être employé pour aliéner la personnalité de l’homme, et milite pour une approche qui respecte la valeur de la personne.
Rogers, est proche d’une forme d’existentialisme, comme on le voit avec Kierkegaard et Buber.

Les Ateliers

Je proposerai des expériences d’écoutes à l’intérieur de petits groupes, sur des thèmes que je préciserai sur place. À partir des retours de ce qui a été vécu, nous pourrons ensemble nous ouvrir encore davantage à cette belle présence d’amour dans l’écoute.

II- Atelier « Mon rêve fou »
15 à 20 participants maximum

– Il s’agir pour chacun de répondre à la question :
« Si tout était possible pour moi, et qui ne dépend que de moi, -pas de circonstances extérieures comme gagner au loto- qu’est- ce que j‘aimerais réaliser dans ma vie, qui est essentiel ; quel est mon désir le plus profond, le plus « fou » ? Le désir, qui, si je ne le réalise pas, pourrait me faire dire que je suis passé à côté de ma vie. »
-Attitude à avoir : ne pas rester dans son mental, mais descendre au niveau de l’être, s’intérioriser, grâce à un lâcher prise qui permet de laisser monter ce qui doit émerger.
– Ecrire ce qui est venu
– Durée : 10 mn environ
– Ensuite, chacun pourra exprimer ce qu’il souhaite dans un tour de table ;
– Nous pouvons reprendre les partages de ceux qui le souhaitent pour les expliciter, les approfondir et avancer es pistes ensemble pour une mise en œuvre éventuelle possible.
Remarque : Les Invités au Festin sont nés d’un rêve fou, plusieurs années avant leur mise en œuvre. Si chacun laisse émerger son désir le plus profond, il a des chances et pouvoir le réaliser.

Je propose un groupe de discussion sur le sujet suivant: l’attitude de neutralité affective souhaitée par Freud pour le psychothérapeute est-elle la meilleure possible. ? Il ne s’agira pas pour moi de diriger autoritairement le groupe ni de donner ou d’expliquer des théories, mais seulement de jouer le rôle de « Facilitateur » de la discussion, en m’inspirant de l’attitude qui était celle de Rogers, comme il l’explique dans son livre  Les groupes de rencontre . «  Chacun des participants est appelé à rendre compte de son expérience et de donner son avis sur l’attitude qui lui semble adéquate du psychothérapeute. Des points de vue opposés seront acceptés et sans faire de théorie on pourra discuter sur la question de savoir comment selon Rogers on traite de ce que Freud appelle « le transfert ».

D’autres ateliers seront proposés par les facilitateurs de l’Ifrdp. Un livret complet sera remis à chaque participant au début de l’Université d’été.

Groupes de rencontre – Supervision – Grand groupe…